jeudi 3 janvier 2019

La cyberthérapie ou psychothérapie à distance .


psychothérapie en ligne des troubles anxieux



Il s’agit d’une psychothérapie par écrit, à distance par e-mail, où la personne envoie un courrier électronique auquel le thérapeute répond dans les 24 heures. La thérapie est en général bien plus brève qu’en cabinet. Elle s’étend sur un laps de temps parfois très court allant de quelques jours à quelques mois. C'est une thérapie plus intensive donc, en général, plus rapide car le soutien et le suivi psychologique peuvent se faire quotidiennement. Si elle le souhaite, la personne peut donc poser toutes les questions et exposer les difficultés qu'elle rencontre tous les jours afin d'avoir des conseils et un soutien pour résoudre son probléme.  

Les motifs de consultation à distance sont identiques à ceux qui poussent à consulter en cabinet : difficultés relationnelles, problèmes affectifs, manque de confiance en soi, accompagnement dans des projets personnels, deuil, dépression...

...ainsi que le stress et les troubles anxieux (phobies, TOC, Troubles Anxieux Généralisé, attaques de panique, anxiété sociale) qui est le domaine qui me passionne et où je me suis spécialisé 


Parmi les bénéficiaires des thérapies à distance il y a :

1) Les personnes soucieuses de consulter dans le secret afin que personne ne le sache.
2) Les personnes à mobilité réduites. Les personnes malades alitées.
3) Les personnes qui habitent de petites villes où il n'y a pas de thérapeute à proximité. 
4) Les agoraphobes qui ne sortent plus de chez eux. 
5) Les individus timides qui se sentent mal ou en danger face au regard de l’autre.
6) Toutes les personnes qui ont des difficultés à l'oral y compris les personnes qui ont des difficultés d’élocution, les personnes muettes qui préféreront un mode de communication écrit.
7) Les personnes qui vivent à l'étranger et qui maîtrisent suffisamment le français .

Mais, en réalité, absolument tout le monde peut y recourir car ce moyen moderne présente des avantages incontestables.

Les avantages :

Fini le cadre strict imposé par la psychothérapie traditionnelle. Finies les contraintes d’horaires et la course dans les transports pour être à l’heure à vos séances. Et si vous déménagez ou partez en voyage vous pouvez toujours communiquer avec votre thérapeute.
Dès les premiers entretiens, grâce à l’absence du regard du thérapeute, une liberté de parole surgit bien plus vite que dans le cadre strict du cabinet. Loin du regard et du corps du thérapeute, les personnes parviennent beaucoup plus librement à évoquer certains traumatismes ou à parler de choses difficiles. C'est valable pour tout le monde et pas seulement pour les personnes ayant peur du regard et du jugement de l'autre .
Car de chez soi, dans son univers personnel, on se sent plus à l'aise et en sécurité pour réfléchir et communiquer. Par ailleurs, avec l’écriture certaines personnes qui ont de la peine à s’exprimer oralement, ou qui ont vécu des choses difficiles à évoquer réalisent à l’écrit un travail psychologique dont ils seraient incapables autrement. L'écriture à l'avantage de permettre un temps de réflexion et de formuler avec beaucoup plus de précision ce que l'on pense et ce que l'on ressent. Et l’avantage de l'écrit et non le moindre, c'est qu'il vous permet de conserver toute la conversation et donc de pouvoir la relire à loisir et de mieux comprendre les remarques, les instructions ou les conseils de votre thérapeute.


Parfois on entendra des détracteurs de ces thérapies modernes que la transformation personnelle n’est pas aussi profonde qu’en cabinet. En revanche, pourquoi elle ne serait pas aussi "profonde" on ne le dit pas. Je pense personnellement que cette idée tient plus du préjugé qu'autre chose. En outre, tout dépend de ce que l’on souhaite. S’il s’agit d’un problème d’anxiété spécifique ou d'une difficulté ponctuelle pourquoi faudrait-il que les personnes changent radicalement de façon d’être si tant est que cela soit possible et s'embarque dans une thérapie longue et coûteuse ? Force est de constater par de multiples témoignages que pour bien de personnes, ces thérapies à distance ont permis un mieux-être, qu’ils n’avaient pas obtenu en face à face ou sur un divan. 
Toutes les approches qu’elles soient en cabinet ou à distance ont leurs inconvénients et leurs avantages. C’est justement pour leurs avantages que des patients qui pourraient facilement consulter en cabinet les choisissent. Et elles sont particulièrement adaptées aux personnes qui n'osent pas aller dans un cabinet de consultation et qui refusent d’affronter les moments pénibles ou les silences angoissants qui accompagnent souvent les psychothérapies en face à face.
En outre, ces techniques protègent des « dérives », le psy étant à distance, elles apportent la certitude “que l’on ne se touchera pas”, perspective très inquiétante pour certains patients. Par ailleurs, grâce à la distance et un anonymat plus important qu'en cabinet, la personne à un sentiment de sécurité plus fort, la relation avec le thérapeute étant en quelque sorte dédramatisée, plus légère et conviviale.  

Mais, avant toute chose, il faut d'abord que nous conversions un peu ensemble afin que je vois si je peux vous aider et si vous considérez vous-même qu'il y a de l'efficacité par ce moyen conversationnel .

Je pense que vous aurez pu voir le sérieux avec lequel je réponds sur le site de « psychologie.com » et plus particulièrement sur le forum "stress, anxiété " et cela depuis plus de 10 ans. 


Mon adresse mail pour me contacter et converser par écrit avec moi   : Conscience Claire ou sur le forum Psychologie.com sur la messagerie privée de -Kensho-


Et si vous préférez plutôt un suivi et un soutien psychologique en cabinet et que vous habitez dans la banlieue est de Paris, je vous recommande vivement mon amie psychologue Muriel Perrin Sena : http://www.psychologuechelles.com/

mercredi 12 décembre 2018

Troubles anxieux généralités

  



 Pourquoi un blog sur la peur et plus particulièrement un blog sur les troubles anxieux ?  La peur est présente en chaque être vivant. Il y a une peur normale face à un danger bien réel et immédiat et une peur anticipatoire portée sur l’avenir. Cette dernière s’appelle l’anxiété. Parfois il est normal et sain de ressentir une peur anticipatoire. Par exemple, lors d’une épreuve sportive ou intellectuelle ou lors d’un examen médical car les enjeux sont importants (réussite personnelle, professionnelle, santé). Mais ce blog parle essentiellement de l’anxiété pathologique. C'est-à-dire d'une peur anticipatoire démesurée, totalement inadéquate, voire absurde. La peur va alors être comme un enfermement. Elle empoisonnera notre quotidien et nous fera souffrir car elle sera génératrice de douleurs et de stress et cela parfois tout au long de notre vie. Outre cette sensation fort désagréable qu’elle génère, la peur sera comme un boulet que l’on traînera et qui nous freinera terriblement dans la réalisation de nos désirs et projets. Cette peur pathologique n'est ni plus ni moins qu’un empêchement à vivre, à s’épanouir et à être heureux. Au final, l’anxiété pathologique nous amènera à vivre petitement, à une vie étriquée.

Pourtant cette peur qui nous renferme sur nous-mêmes, nous crispe et nous immobilise est souvent totalement méconnue de nous ou alors on la sous-estime. Sa présence sournoise va pourtant influencer radicalement notre façon de voir le monde, nos pensées et nos comportements donc toute notre vie. Et chacun d’entre nous est, en général, atteint au moins d’une peur psychologique sinon de plusieurs.

Ultimement et déraisonnablement, cette peur se manifestera en prenant l’apparence et la toute puissance de notre unique peur fondamentale qui renvoie à notre destruction physique et psychique : la mort. Par exemple, si vous avez terriblement peur de perdre votre emploi ou l’amour de votre compagnon, si vous avez peur d’échouer dans un domaine, d'être ridicule en public, de provoquer un accident, et bien d’autres choses encore, si cela vous arrive, vous pourriez bien vivre cela très mal et comme un véritable anéantissement .

Dans ce blog, je propose des réflexions et des pistes afin de se délivrer ou du moins de réduire son influence sournoise.

Et le premier temps consiste assez souvent à accueillir la peur afin de la comprendre. Or c’est loin d’être une entreprise facile car s’installer dans la sensation de peur est évidemment une expérience fort désagréable et que tout nous pousse à éviter et à fuir. Pourtant c’est en se laissant imprégner par l’émotion de peur, en l’accueillant, en la prenant dans ses bras exactement comme on pourrait chérir un enfant malade que l’on peut découvrir la signification de la peur. Et il arrive qu'en étudiant les murs de notre prison on trouve la porte de sortie et qu'on se libère de cet enfermement qu'est la peur.

mercredi 7 mars 2018

La paix intérieure?



Lors d'une discussion sur un forum le sujet fut évoqué.

La paix intérieure, vaste sujet ! En préambule, je tiens à dire que la « paix intérieure » tout le temps, à mon avis, cela n’existe pas, sauf à être mort ! Et comme le dit joliment Woody Allen, « depuis que l’homme sait qu’il est mortel, il a du mal à être décontracté. » Et, plus généralement, l’inquiétude est quelque chose de tout à fait normale car il nous arrive à tous de rencontrer des difficultés et des problèmes dans notre vie. Ne pas vouloir s’inquiéter ou vouloir être dans la paix intérieure tout le temps pourrait, dans ce cas, conduire à un déni de ces problèmes qu’il nous faut résoudre en évacuant leur réalité ainsi que notre responsabilité dans leur résolution. D’un autre côté, il est bien évident qu’il ne s’agit pas non plus d’être inquiet tout le temps, ce qui serait clairement pathologique! Et, là, la psychologie est utile pour remettre notamment certaines croyances limitantes ou effrayantes en cause ou par des techniques diverses dont la relaxation et l’exposition aux situations redoutées. Sur un tout autre plan, et d’un point de vue « métaphysique », si, dans votre quête de "paix intérieure" vous ne souhaitez pas vous « demander si vous vous trompez dans vos croyances », vous avez la philosophie qui est une recherche de vérité, mais aussi de sagesse et de bonheur. Et, pour le coup, je suis très tenté de vous renvoyer aux écrits philosophiques et aux quelques conférences sur ces thèmes que vous trouverez sur internet du philosophe André Comte-Sponville, « Un athée fidèle » comme il se dit lui-même. Vous découvrirez ainsi la possibilité d’une « spiritualité » ou d’une « transcendance » laïque.


Cependant malgré que je sois moi-même athée, comment ne pourrais-je évoquer également la vie et le journal d’Etty Hilversum, une mystique, qui alors qu’elle vivait le comble de l’horreur dans les camps de concentration était capable de voir la beauté et d’en être transfigurée? A la réflexion, la paix intérieure, vous avez pas mal de façons d'y parvenir. Et, au cœur de la tourmente, une simple balade en forêt peut suffire.
Mais attention, ne jamais oublier qu'il y a une paix intérieure qui se nourrit d'illusions et une autre de vérités.

samedi 14 janvier 2017

L'optimisme







 Que la seule tuile qui puisse tomber d’un des toits de Paris vous soit destinée est statistiquement extrêmement très réduite. Pourtant on peut dire que les pessimistes et les anxieux de tous poils pensent irrationnellement l'inverse !

 Et pour l'essentiel, le pessimisme est une vision faussée de l'existence ou l'on focalise sur ces échecs passé, sur les difficultés et où l'on imagine le pire. C'est une vision du monde totalement étriquée, biaisée et en négatif où les succès que l'on a pu avoir, les capacités dont on dispose ainsi que notre formidable capacité d'apprentissage sont systématiquement occultés par un esprit malade .

 A l’opposé, l’optimisme, ce n’est pas croire qu’en pensant que tout va aller bien, tout ira bien. Là, on serait clairement dans la naïveté de la "pensée positive" et qu’à elle seule elle influencerait le monde. Non, le seul impact qu’il y aura, c’est d’améliorer votre humeur temporairement et vous mettre dans une meilleure disposition pour agir sur les difficultés ou les problèmes que vous rencontrez. Mais si l’action ne suit pas et que l’on attend que les choses se fassent d’elles-mêmes dans une attitude passive, il y a peu de chance que vous assistiez à la résolution de vos problèmes ou du moins leur atténuation.

 Mais, c'est vrai, l'optimisme consiste bien en un basculement radical de la pensée d'une simplicité et d'une facilité déconcertante! Et il suffit pour cela d'adopter le postulat inverse de celui du pessimisme : au lieu de se dire que la catastrophe est imminente, l’optimiste, lui, considère que « les choses peuvent s’améliorer ». Il s’agit donc d’un optimisme lucide qui se fonde sur la raison et la constatation que dans une large mesure nous contrôlons notre existence et que nous en sommes responsables. Et la conséquence directe qui en découle c'est une démarche de résolution des problème.

 En conclusion, alors que le pessimisme conduit fatalement à l’inaction, à l’échec, à la tristesse et à la dépression, l'optimisme s’appuie sur le réalisme et relève d’une volonté qui conduit au succès, au mieux-être et à la joie: « les choses peuvent s’améliorer mais je vais faire ce qu’il faut pour cela. »

vendredi 13 janvier 2017

La peur: développer son courage


 Il fait un soleil lumineux. Vous vous êtes levé tôt afin de profiter de la plage encore déserte à cette heure matinale. Sur cette étendue de sable immense vous vous promenez avec le sentiment d’être seul au monde. Soudain votre regard est attiré au loin par un objet sur le sable. Vous vous approchez et vous découvrez un coffre en bois. Vous l’ouvrez et à l’intérieur se trouve une baguette magique. Il y a une inscription. Sur la baguette est écrit : « Si vous vous servez de moi, vous deviendrez  libre de vos peurs psychologiques. Vous serez alors capable de satisfaire vos désirs et d’atteindre vos objectifs. De plus, vous serez enfin pleinement vous-même.
Quelle est donc cette "baguette magique" qui nous permet d'accroître notre puissance d'agir et qui nous rend libre?

La réponse est : le courage !

Le courage correspond en fait à deux notions.  La première renvoie au manque de discipline et de ténacité dans la réalisation de nos projets. C’est le courage qui s’oppose à la paresse, à la réticence naturelle que nous avons à faire des efforts.
L’autre notion est celle qui est liée à la peur. Le courage est alors la capacité à agir malgré la peur.

La peur est une émotion normale car elle est là pour nous éviter le danger. Mais le problème, c’est que nous avons tous des peurs névrotiques ou pathologiques.
Donc la première chose à faire est d’identifier la peur afin de voir si elle correspond à un danger réel ou illusoire.

Si le danger est réel, parfois il faut fuir. D’autres fois, il faut assurer ses arrières, avoir des bases de sécurité, ce qui permettra de faire face mais en minorant les risques.

Mais le danger peut très bien être illusoire et les difficultés tout à fait surmontables. C’est ce que l’on constate chez les personnes anxieuses, timides, les phobiques ainsi que celles qui ont un sentiment d’incompétence personnel prononcé. Une catégorie de personnes que je connais fort bien car j’en ai fait partie pendant longtemps. Et c’est en étudiant ces peurs pathologiques que cela m’a permis de m’en libérer dans une très large mesure.

Dans ce cas précis, c’est notre façon de fonctionner qui nous limite et nous fout la trouille. La peur n’est qu’une réaction d’alarme. Ressentir de la peur n’implique pas systématiquement qu’il faille avoir peur. Mais plus l’émotion sera forte, plus elle paralysera notre esprit et l’influencera à se représenter la réalité de manière exagérée et dramatique afin de déclencher une réaction d’évitement ou de fuite. Ici c’est notre « cerveau  reptilien » qui est aux commandes.

Quand la peur nous empêche de réfléchir posément et de se poser cette question en toute objectivité : « Et qu’est-ce qui peut se passer après ? », elle nous empêche d’aller jusqu’au bout de notre réflexion et de voir les différents scénarios possibles, notamment que la situation n’est pas si grave, mais également de mettre en perspective les bénéfices potentiels à court et à long terme d’une action ou d’une situation qui nous trouble.

Donc la bonne nouvelle, c’est que le courage qu’il soit lié à la paresse ou la peur n’est qu’un simple apprentissage. Soit un apprentissage de la discipline et de la détermination afin que ne poursuivions nos efforts pour réaliser nos objectifs, soit il s’agit d’un apprentissage de notre « cerveau supérieur » pour une reprise de contrôle sur notre « cerveau reptilien »  afin de gérer cette émotion qu’est la peur.

Mais pour cette dernière, on ne devient pas toujours plus courageux simplement en réfléchissant et en comprenant que nos peurs sont totalement irraisonnées. Il faut bien souvent passer à l’action. Là, pour augmenter son courage, il faut se fixer des objectifs peut-être petits au début, en tous cas surtout réalisables. Et, à force de succès répétés, notre capacité à agir s’accroît progressivement, notre esprit se rassure, se déconditionne de la peur. Il passe alors sur un mode « confiance » et nous devenons plus courageux spontanément.

Ce qui veut dire qu’il ne suffit d’avoir été courageux une fois pour l’être régulièrement et en toutes circonstances. Si c’était le cas nous le saurions. Le courage, c’est donc comme les muscles, c’est une qualité qui se développe sur la durée grâce à un entrainement régulier.

Avons-nous vraiment le choix ? Manifester du courage est parfois très pénible mais c’est une nécessité pour nous affirmer et être heureux. Or la solution la plus facile, c’est de sacrifier ses idées, renoncer à ses projets, ses désirs ou ses valeurs profondes. Mais à quoi tous ces renoncements nous conduisent-ils ? Ni plus ni moins qu’à une vie de frustration, étriquée ou vide de sens; à ressentir souffrance et mal-être par manque d’épanouissement. De plus, si nous passons notre temps à nous nier ou trahir nos aspirations profondes, nous ne pourrons que nous évaluer négativement et avoir terriblement honte de nous-même.


Donc, en conclusion, nous n’avons que le choix du type de souffrance. Et soit nous nous destinons à souffrir de notre manque de courage soit nous nous destinons à souffrir pour l’acquérir.  Mais que vaut-il mieux, une souffrance inutile ou une souffrance utile avec pour résultat la satisfaction, le bonheur et la fierté de soi ?

vendredi 6 juin 2014

La dépression



Dépression par babsartcreations


« …de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme ; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. » (Charles Baudelaire)


La dépression résulte de la différence entre nos désirs, ce que nous voulons, comment les choses devrait être ou comment nous devrions être et ce que nous obtenons ou ce qui est véritablement.
Nous n’acceptons pas que les choses soient telles quelles sont. Et la première chose à faire, c’est d’accepter et de reconnaître que nous sommes dans un refus, ce qui n’est pas si facile qu’il y parait, d’où un enlisement dans celui-ci qui peut perdurer des mois voire des années.  Accepter de voir ce refus, c’est reconnaître que l’on désire quelque chose, autre chose. Et tant que l’on ne verra pas ce que c’est on ne risque pas de l’obtenir. Ensuite, une fois le désir ou l’objectif clarifié, il faudra alors se mobiliser et agir pour le réaliser (si toutefois c’est possible) car les choses ne tombent pas du ciel.



vendredi 7 mars 2014

Le personnage de la victime et le héros




Au théâtre ou dans la vie, le rôle de la victime est un rôle très convoité. En effet, il permet d'obtenir beaucoup de gratifications et de bénéfices: attention, reconnaissance, attendrissement du public, consolation, aide, soutien. Et ce n'est pas un hasard si ce rôle a le vent en poupe dans notre société, avec une sorte de concurrence à celle (personne) ou celui (peuple) qui « aura beaucoup souffert » et aura mérité la médaille du dolorisme et tout ce qui peut en découler comme avantages sociaux. Ce qui ne veut pas dire qu’il n'existe pas de véritables victimes mais la différence avec le personnage de la victime, c'est que les vraies victimes ne retirent aucun bénéfice de leur statut, qu'elles ne le revendiquent pas, qu'elles ne l'ont pas demandé et qu'elles ne s'y installent pas non plus (à l'inverse, elles chercheront  à quitter au plus vite ce statut qu'autrui leur a imposé).

Il faut savoir qu'à un moment ou à un autre, nous l’avons tous adopté le rôle de la victime.
Et c’est un jeu psychologique fort intéressant ! En se choisissant ce personnage on se crée un coupable et par la même occasion on se dédouane de nos responsabilités. Et cela même si on reconnait une part de responsabilité dans le malheur qui nous frappe. Par exemple, je ne suis pas assez robuste pour affronter ce type de situation, je suis hypersensible, je ne sais pas comment y arriver…. ici, le message que j’essaye de faire passer à autrui ou bien à moi-même est le suivant : certes, c’est de ma faute mais je n’y peux rien car je suis victime de ma nature, c’est du à mon caractère, mon conditionnement parental et pourquoi pas à mon inconscient.

Si adopter le rôle de la victime est une illusion et une justification que l’on se fait à soi-même afin d’occulter nos responsabilités dans les malheurs ou les problèmes qui nous arrivent, c’est aussi un subterfuge et une protection de l’image de soi. Parfois, il s’agira de se créer une histoire haute en couleur : on se donne le beau rôle de la personne bafouée, trahie, incomprise, manipulée, des mauvaises conditions de vie, de mauvais parents, la malchance, l’injustice, que sais-je encore… mais surtout rien qui ne soit propre à notre personne.  Et pour donner plus de poids encore et de légitimité à cette histoire, on s'épuise dans la colère, on se perd dans la haine de soi ou des autres, en allant jusqu’au au point de perdre toute mesure en s'oubliant totalement afin d’incarner la victime qui ne fait que souffrir, subir et couler... car si la vraie victime veut de l’aide, en revanche, le personnage de la victime n’en veut pas car ce serait abandonner tous les bénéfices que ce rôle lui apporte et surtout cela lui évite de se confronter à cette réalité terriblement désagréable qu’il est son propre bourreau .  

Pourtant ce rôle dramatique peut s’arrêter immédiatement. Il suffit de se poser cette question : que puis-je faire maintenant pour améliorer mon sort ? Fin de la passivité, retour de la responsabilité. Et c’est ainsi qu’un nouveau rôle, celui du héros, émerge : si je suis la victime et le bourreau de moi-même, s’il n’existe d’autre prison que celle que je me crée, si mes résistances à avancer constitue les barreaux de cette prison alors je peux triompher et devenir le sauveur de moi-même ! Et avouez que le rôle du héros à quand même beaucoup plus de panache que celui de la victime, non ?  

Cependant, si l’on a adopté ce personnage et que l’on y est cramponné depuis un moment, c’est qu’il existe en général des résistances au changement.  Souvent un sentiment de honte, d’incapacité ou d’incompétence, un manque de confiance ou la peur d’échouer. Et ce seront autant d’écueils et d’invitations à revenir régulièrement au statut de victime et à la passivité. 
Mais bien entendu tout cela peut se corriger.

Alors tel le héros, malgré les tempêtes et les chants mortifères des sirènes qui ne manqueront pas de s’élever autour de nous, tenir fermement le cap afin d’atteindre la terre promise.

Un vrai parcours initiatique ! 




dimanche 8 décembre 2013

Regarder l’anxiété comme quelque chose d’extérieur à soi.


Au sujet du traitement de la peur, une personne m’a dit que dans le bouddhisme, on peut utiliser la respiration pour sortir de son identification à la peur.  Ainsi d’après elle, faire l’effort de respirer avec l’abdomen dans des moments d’angoisse, ou de peur serait une démarche courante notamment dans le zen. Et il m’a été précisé que nombre de pratiquants témoignent des bienfaits de cette technique en matière de détente corporelle et d’apaisement de l’esprit.

Puis, il m’a été alors été demandé ce que je pensais de cette méthode. Or comme je  trouve cette question particulièrement intéressante, je souhaite reproduire ici ce que j’en pense.

En fait, tout dépend de ce que l'on fait. En utilisant une technique de concentration de l’esprit sur la respiration, je pense qu’il y a apaisement sur l’instant mais comme il n’y a pas de traitement cognitif ou émotionnel de la  peur, on en reste à une relaxation sur le moment. Pour moi, c’est une astuce, un truc : on pense à autre chose. C’est « juste » un détournement de l’attention. Mais il est vrai que ça marche car on focalise son attention sur autre chose. Cependant comme le problème n'est pas traité mais détourné, la peur fatalement réapparaîtra. Pour ma part, ce qui me semble plus pertinent, c’est lorsque la représentation mentale qui accompagnait la peur n’est plus associée à la peur alors qu’elle demeure présente à l’esprit. Là,  je pense à des traitements émotionnels comme dans  l’EMDR, par exemple, où l'on est avec l’image qui créer la peur mais en même temps, on porte son attention sur le mouvement de la main du thérapeute ce qui baisse l’intensité de la charge émotionnelle qui accompagne l’image. La peur se dilue car il n’y a plus focalisation mais extension de la conscience sur d’autres choses et non pas détournement de l’image traumatisante. Autrement dit, j’ai peur donc je ressens la peur, je vois l’image mais j’investis la conscience afin d’entendre aussi les commentaires que je fais sur l’image mais je reste également conscient de mon environnement immédiat. Ce qui aboutit au fait que je ne suis plus fasciné par l’image et totalement pris par la sensation d’angoisse,  je deviens observation détachée de l’ensemble du phénomène. 

 Puisque la question faisait référence au zen,  à mon sens, c’est dans le livre « Vivre zen » de Joko Beck qu’un des élèves de cette enseignante explique le mieux cela. Et bien qu’il  parle de la colère,  je pense que c’est valable pour toutes les émotions.

 Je le cite:

 « hier soir, en me rendant quelque part, j’avais l’esprit bourré de pensées et de sentiments. J’ai cru que je pratiquais parce que je savais que j’étais en colère, que j’étais tendu, que j’étais pressé, et je me rendais compte que j’étais de plus en plus furieux et contrarié. Et puis je me suis demandé tout d’un coup : « mais qu’est-ce que c’est que « pratiquer » là, maintenant, tout de suite ?  »  Ça a été comme si des milliers de flashes éclairait ce qui se passait dans ma tête : les mêmes éléments étaient  bien toujours là –  la colère, la hâte, la tension physique – mais ils m’apparaissaient sous un jour totalement impersonnel : tout cela n’avait pas de rapport avec moi. C’était presque comme si je regardais un cafard sur le sol de la cuisine. »

vendredi 14 juin 2013

L’observation et la mystique naturelle.

                                                                                   

" There's natural mystic blowing through the air " (Bob Marley)


Quand on sait rester dans un acte d’observation neutre, c’est avec intérêt qu’on assiste à la tourmente des émotions, sans passion et sans s’en mêler. Avec l’effondrement du sujet,  du « moi » qui observe, on voit les choses telles qu’elles sont, sans les déformer par nos préjugés et nos jugements de valeurs personnels. Exactement comme il nous arrive parfois de regarder une fleur ou un oiseau. Là, pendant un court instant, il n’y a plus de séparation. Le sujet « moi » s’aboli dans l’acte d’observation. Il y a l’objet de l’observation et nous en tant que présence consciente. La vie s'écoule alors sans heurt et nous participons à ce grand flot. Mais, le plus souvent, nous nous noyons dans un déluge de pensées inutiles qui nous coupe de la vie et c'est pourquoi elle nous fait si peur.

C’est tellement extraordinaire.

Toutes les religions nous transmettent finalement le même message : « nous ne faisons qu’un mon Père et moi  » N’allez pas comprendre qu’il y a un vieux monsieur barbu planté sur son nuage ou quelque entité surnaturelle quelque part. 

Non, il s’agit de vous, de moi.

En nous-même se trouvent le royaume, la sécurité, la puissance et la gloire.

C’est un trésor qui nous est offert.

Un trésor,  oui,…  mais qui nous supplie de le voir.

dimanche 21 avril 2013

Une présence accrue.




Voulez-vous faire une petite expérience, celle d’une présence accrue?
Pour que vous puissiez la réaliser, je vais m’inspirer de ce que propose Roger-Pol Droit.
Vous êtes assis calmement en train de lire ces lignes sur votre ordinateur. Mais sachez que cette expérience est reproductible n’importe où.
Vous êtes prêt ? Oui ?  Alors allons-y :
Imaginez que le passé n’ait jamais eu lieu  et que l’avenir n’existe pas.
Essayez de croire que le monde tel qu’il s’offre à votre perception vient de se constituer d’emblée, à l’instant.
La minute précédente, il n’existait pas et vous non plus. Vous venez de débarquer à l’instant même. Tout vient d’apparaitre en même temps et ce monde que vous percevez ne va durer que 10 minutes. Pas de déflagration gigantesque, non. Rien qu’une extinction brusque. La seconde après ces 10 minutes tout disparaitra comme si tout se débranchait. Le film s’arrêtera brutalement.
Installez-vous dans ce monde de 10 minutes.
Que constatez-vous ?
Le monde tel que vous le perceviez auparavant ne vous semble-t-il pas comme radicalement nouveau et différent ? Ne vous apparait-il pas avec plus de relief, plus présent, plus vivant ?

samedi 16 mars 2013

Vivre l'instant présent.



Je ne résiste pas à reproduire ici ce texte d’un ami "lointain"que j’apprécie beaucoup , Loïc Talmon.


"Malgré son apparente simplicité, l'invitation à vivre l'instant présent n'est pas chose aisée pour la plupart d'entre nous. Considérons l'une de nos journées : nous passons l'essentiel de notre temps à ressasser le passé, sur le mode du regret, ou à imaginer l'avenir, sur le mode de l'attente. Et le temps restant, nous nous empêtrons dans nos préjugés. Bref, nous consacrons la majeure partie de notre énergie à des illusions : en effet, le passé n'existe plus, tandis que l'avenir n'existe pas encore ; quant aux préjugés, ils constituent le plus sûr moyen de se masquer la complexité du réel. Vivre l'instant présent consiste en l'attitude résolument inverse, soit l'acceptation de tout ce qui se présente, en soi et autour de soi, le "bon" comme le "mauvais", sans rien planquer sous le tapis. C'est dire si le "carpe diem" cher à Horace a été sacrifié aujourd'hui sur l'autel du consumérisme : à suivre les publicitaires, vivre l'instant présent équivaudrait à expérimenter un orgasme permanent. Or dans la réalité, l'instant présent n'est pas forcément plaisant, loin de là. Mais vivre ici et maintenant, c'est coller au plus près de ce qui est, en laissant toutes les émotions négatives liées à notre représentation du passé ou de l'avenir au vestiaire. Certes, me direz-vous, mais si l'instant présent ne contient rien de satisfaisant, n'est-il pas préférable de trouver refuge dans nos souvenirs ou de puiser quelques espérance dans nos projets ? Dangereuse illusion, vous répondrai-je : la fuite ne résout rien et lorsque vous serez revenu de votre évasion en esprit, vos problèmes seront toujours là. Pour autant, il ne s'agit pas non plus de ruminer sans cesse nos problèmes : vivre dans l'instant présent, c'est d'abord être pragmatique. Ainsi, face à une difficulté, soit vous pouvez faire quelque chose et vous décidez de la faire, tout de suite ou à une date prévue par vos soins, soit vous ne pouvez rien y faire et vous avez tout intérêt à avaler la pilule amère sans délai. En procédant de la sorte, vous en viendrez à la conclusion quelque peu inattendue que la réalité de l'instant présent ne saurait être, en elle-même, problématique : il s'y déploie seulement des situations soit dont il faut s'occuper sur le moment, soit qu'il faut laisser telles quelles, en les acceptant comme faisant partie de l'être-là du moment jusqu'à ce qu'elles changent ou que vous puissiez vous en occuper pour de bon. Finalement, vivre l'instant présent, c'est aussi s'ouvrir à la beauté du monde, à tous ces détails auxquels nous ne prêtons pas attention dans la course effrénée de notre mode de vie : c'est le sourire d'un inconnu, le doux bruit de la pluie qui tombe, ou encore le ciel étoilé, un soir d'été.

Pour conjuguer votre vie au présent :

- L'attitude juste. Nous avons souvent tendance à bloquer notre respiration et à nous crisper pour échapper à l'instant présent. Apprenez comment ne pas vous relaxer* et ajuster votre posture en situation.

- Une chose après l'autre. L'accélération des échanges dans toutes les sphères de notre existence nous conduit à vouloir tout faire en même temps. Mais vous ne pouvez jamais faire qu'une seule chose à la fois. Concentrez-vous sur la tâche à accomplir, sans vous disperser.

- Le point à la ligne. Beaucoup d'entre nous conçoivent le temps comme une ligne allant du passé vers l'avenir, l'instant présent se réduisant à un passage sans intérêt. Et c'est ainsi que l'on passe à côté de la vie, qui n'existe jamais qu'ici et maintenant. Votre passé n'existe plus que par l'évocation de vos souvenirs, évocation que vous pouvez faire dans l'instant présent pour ne pas refaire les mêmes erreurs, mais qui ne doit pas vous distraire du réel. Quant à l'avenir, s'il est utile d'en préparer certaines échéances, il n'existe pas encore et ne doit donc pas non plus vous détourner de ce qui est là. En définitive, le présent est le seul moment que vous pouvez contrôler, il est le point focal de votre existence.

- Sentez le parfum des roses. Pris dans le tourbillon de la vie moderne, nous oublions de profiter des choses les plus simples, qui se donnent à nous sur le moment. Comme le disait Fritz Perls, le fondateur de la gestalt-thérapie, il est bénéfique de "perdre la tête" (les préoccupations de notre mental) pour "gagner les sens" (la réalité qui nous entoure)."


* Dans un autre texte, Loïc Talmon expliquait que s’il ne fallait pas être crispé, il ne fallait pas non plus croire que la relaxation était une panacée. C’est la juste attitude ou la juste tension qui prime. Je rajouterais, pour ma part, que le relâchement est par contre excellent pour accueillir le réel, la vie.

mardi 1 janvier 2013

Eveil



                                          Lorsque le monde est changé…. 



Le monde, il change sans cesse.

Non, à vrai dire, c’est lorsque c’est « moi » qui change ou qui suis changé . Vous savez, c'est lorsque tout vous parait net limpide, quand la présence de chaque chose prend du corps, du relief, y compris vous-même. Quand votre sensibilité se libère, s’élève. En ces instants-là, personnellement, j’ai le sentiment d’être vraiment réveillé, vivant, et pénétré par le monde. J’avais raison de penser que cela ne me serait pas facile car c’est par un regard, à la fois plus pénétrant et plus vaste que « je » sors de moi-même et de mes limitations. Il ne s’agit pas d’un regard vers l’"intérieur" à la façon d'une introspection qui m'y conduit mais bien d’un regard vers l’extérieur. Et en cette occasion peut alors se manifester cet intérêt, cet élan joyeux que certains appelleront "amour", "communion" ou "grâce".

lundi 3 décembre 2012

Relaxation réflexe ou automatique

Pour décider de se relaxer rapidement en cas de stress ou lors d’une réaction émotionnelle  vive (colère, peur, etc…), il faut d’abord apprendre une procédure de relaxation et la répéter régulièrement afin qu’elle devienne mobilisable à tout moment, rapidement, exactement comme un réflexe ou un automatisme.

Cependant, il faut savoir que l’efficacité de la relaxation automatique dépend énormément de notre capacité à prendre conscience rapidement de notre état de tension ou de stress. En effet, plus l’émotion ou l’état de stress est installé moins il est facile de le faire disparaître rapidement. Parallèlement, il est donc important de devenir progressivement plus conscient de nos états de tension et être réactif.

En ce qui concerne la procédure de relaxation automatique elle-même, en réalité, il en existe plusieurs mais les plus simples sont souvent les plus efficaces.
Ça consiste, par exemple, à inspirer à fond en gonflant le ventre puis à bloquer la respiration 30 secondes et à focaliser son attention sur la sensation de blocage et à bien la ressentir. Puis vous expirez naturellement. 
Une autre méthode consiste à bloquer l'inspiration le ventre gonflé pendant 10 secondes ( vous comptez dans votre tête) puis vous expirez naturellement et faites 3 ou 4 respirations sans contrôle particulier. Vous pouvez reprendre la technique plusieurs fois de suite jusqu’à l’extinction de l’anxiété ou du moins une baisse importante de celle-ci. Évidemment, cela implique d’avoir une petite pratique de ces techniques mais une fois celles-ci acquises, la procédure rapide de relaxation est dans son principe la même chose qu’une relaxation classique mais en accéléré. Certes elle ne saurait donc atteindre le même niveau de détente qu'une relaxation de 40 minutes mais ce n’est pas très important en la circonstance.
 Quoiqu’il en soit, s'il fallait en augmenter les effets certains praticiens recommandent d’étendre la sensation de la respiration à l'ensemble du corps. Il peut être également utile de sourire ou encore de se dire intérieurement une phrase apaisante comme : « du calme… rien de grave, ça va. » Une pensée plus élaborée ne s’avérera pas forcément utile. De toute façon, il n’est pas facile d’en trouver une qui s’adapte à la situation dès lors que nous sommes emportés par une émotion. En outre, il se peut qu’il ne soit pas facile non plus de comprendre les raisons de notre tension car elle peut être conditionnée par un événement oublié ou par un jugement infra-conscient que nous portons sur la situation.

C'est pourquoi, parfois, il faudra peut-être repenser à notre réaction dans l’après-coup si nous constatons que l’émotion à tendance à nous submerger et à se reproduire régulièrement. Là, cela peut aider de mettre du sens ou d’interpréter nos réactions émotionnelles ou notre stress en se disant, par exemple : « sa prétention m’irrite au plus haut point car elle n’est pas du tout justifiée ! », « j’ai peur car je pense ne pas pouvoir faire face la situation ! », « je crois qu’ils vont me juger négativement ! »  (Liste non exhaustive). Une fois l’interprétation de nos réactions émotionnelles effectuées, le but est de dédramatiser et de relativiser la situation qui nous bouleverse afin d’en avoir une perspective moins pénible ou problématique. Car si notre façon de voir les choses à une incidence décisive sur nos réactions émotionnelles intempestives, la simple réinterprétation de la situation dans un sens moins dramatique peut très bien les faire disparaître.

dimanche 9 septembre 2012

La confiance en soi

Pour moi, c'est Nathaniel Branden qui explique le mieux ce qu’est la confiance en soi. C’est une disposition de l’esprit à se vivre comme capable à faire face aux défis de l’existence afin d’accéder à la satisfaction et au bonheur. Par conséquent, cela ne doit pas, en principe, consister en des peurs, des hésitations et des reculades.
Mais de mon point de vue, je persiste à croire qu’il y a une vieille peur particulière qui revient régulièrement, une angoisse qui nous empêche d’agir. Et, là, pour le coup, la méditation peut être utile dans la mesure où elle nous fait accéder à la conscience de cette peur. C’est aussi ce que dit Branden : si l’on est pas conscient de ce que l’on est, de ce qu’on pense, ce que l’on ressent et de ce qu’on fait, comment pourrions-nous faire face efficacement aux défis de la vie ? Donc, tant que l’on ne prend pas conscience de cette vieille peur récurrente, tant qu’on ne voit pas ce qu’elle est, ce qu’elle représente comme drame futur, c’est elle qui continuera à nous mener par le bout du nez et diriger notre existence. Evidemment, fort peu de gens font réellement l’effort de voir cette peur qui les paralyse, et comprendre ce qu'elle signifie . Et fatalement, ils n’avancent pas, ils restent indéfiniment coincés dans leur blocage ou leur « névrose ».


Pour aller plus loin, lire et intégrer les "6 piliers de la confiance en soi" et de l’estime de soi de Nataniel Branden :

1) La vie consciente
Respecter les faits, être présent à ce que l’on est en train d’accomplir, curieux et ouvert à ce qui nous entoure, nous intéresse, nous touche ou nous enrichit.

2) L’acceptation de soi
Se donner la permission et avoir le courage de s’approprier nos pensées, nos émotions et nos actions, sans s’en échapper, ni les nier ou les dénigrer.

3) La responsabilité de soi
Réaliser que nous sommes les créateurs de nos choix et actions, que nous sommes responsables de l’aboutissement de nos projets. Se poser la question : " Que faut-il faire ? ", et non : " Qui faut-il blâmer ? ". Personne ne va venir nous sauver de notre vie.

4) L’affirmation de soi
Etre authentique dans nos rencontres, refuser de fausser la réalité de qui nous sommes pour éviter la désapprobation.

5) L’identification de nos objectifs
Discerner, à court et long terme, quelles sont les actions nécessaires ou les comportements adéquats pour atteindre nos buts. Vérifier chaque étape pour être sûr de rester dans le bon axe. Observer les résultats pour reconnaître ce qui a besoin de changer, puis s’ajuster.

6) L’intégrité personnelle
Vivre en harmonie entre ce que nous savons, ce que nous professons et ce que nous vivons. Dire la vérité, tenir nos engagements et montrer l’exemple pour les valeurs que nous admirons.

mercredi 4 juillet 2012

L’altruisme pathologique.



Où quand le souci l’autre devient excessif.

L’altruisme devient une véritable perversion et une manipulation lorsque l’individu dit qu’'il n’a aucun intérêt dans ses bonnes actions comme s’il s’agissait d’un altruisme pur. 
Foutaise ! A minima, si nous portons de l’aide à autrui, c’est pour le plaisir que nous avons de l’aider et celui que nous retirons à le voir aller mieux ou à être satisfait. Mais dans l’altruisme pathologique, l’individu se masque aussi ce qu’il recherche dans sa relation d’aide : s’il veut aider autrui, ce n’est non pas tant pour son bien, que pour être aimé ou reconnu de lui, ou passer aux yeux du monde pour une personne honorable.  Autrui devient alors l’instrument de sa propre reconnaissance et de sa valeur, devient un faire-valoir dans l’altruisme pathologique. D’où l’empressement que l’on rencontre parfois chez certaines personnes à s’immiscer dans les affaires des autres et à vouloir les aider alors que ces derniers n’en font pas la demande. Et comme cette aide est non sollicitée et qu’en plus elle est rarement efficace, la reconnaissance tant désirée ne sera guère au rendez-vous l’altruiste devant supporter bien des frustrations et des déceptions.
L’altruisme pathologique peut également se manifester quand l’individu par souci excessif de l'autre, en vient au déni de soi, bafoue ses propres valeurs afin de plaire ou faire plaisir à autrui. L’autre devenant alors plus important, comptant plus que soi-même.   
Mais d’où cela peut-il venir me direz-vous ?
Souvent de l’attitude des parents. Quand ils ne manifestent à leur progéniture leur amour que sous certaines conditions. Par exemple : il faut faire plaisir à papa ou maman, être un « bon garçon » ou une « bonne fille » pour être aimé. L’enfant n’est donc pas aimé pour ce qu’il est mais pour ce qu’il fait. Et, devenu adulte, reproduira ce comportement appris dans l’enfance. Cette absence d’amour authentique de la part des parents conduira à un amour de soi défaillant et fera dépendre l’individu de l’amour ou de l’approbation des autres. Une seule alternative : l’amour inconditionnel ! Mais contrairement à ce que disent certains psychologues, ce n’est pas réduire nos attentes à l'extrême ou accepter tous les comportements de l’autre. L’amour inconditionnel, c’est continuer à aimer l’autre malgré qu’il puisse nous décevoir et nous déplaire. Ce qui n’implique nullement que l’on ne manifeste pas son mécontentement, sa désapprobation ou encore que l’on applique, à l’occasion, des sanctions à son encontre.  L’amour inconditionnel, n’est donc pas un laxisme déguisé. Ainsi, l’enfant n’est ni le jouet des parents ou un être soumis à leurs désirs pour être aimé ni, à l’inverse, un enfant roi qu’on idolâtre et auquel on permet tout et dont on satisfait le moindre caprice. Certes, dans ce dernier cas, contrairement à l’enfant objet, celui-ci n’aura aucun problème d’affirmation de soi ou d’amour de soi mais, en revanche,  il se gonflera d’orgueil  et deviendra le petit tyran de la famille. A l’âge adulte, vous le repérerez facilement : il est de ces personnes qui croient qu’il n’y a que la satisfaction de leurs désirs qui importent ainsi que leur auguste personne. Par conséquent, en matière d’éducation, comme le dit l’adage : « qui aime bien, châtie bien ! » 


- Parfois de certains préceptes religieux mal compris que l’enfant intègre comme des mots d’ordres et qui le conduisent  à la négation de soi.  « Aimez autrui comme vous- même ! », « aimez vos  ennemis ! ».  D’accord, mais si on aime autrui et pour les rares personnes qui arrive à aimer leurs ennemis, ce ne pas jusqu'à oublier ses préférences, faire le deuil de soi-même ou encore aller jusqu’au mépris de soi pour satisfaire à l’impératif religieux.  Aimer autrui ce n’est pas se nier ou se haïr car autrui c’est tout le monde et donc, au final, c'est aussi soi-même. Et comme on dit : charité bien ordonné…

Comment sortir de l’altruisme pathologique ?
 En cessant de faire dépendre sa valeur de la satisfaction, de l’approbation ou de l’admiration d’autrui.
Ne pas oublier : il n’y pas d’être humain qui vaille plus qu’un autre et c’est le grand principe de notre Constitution : « liberté, égalité, fraternité ». Alors que vous soyez petit, grand, beau ou moche, ceci ou cela, aimez- vous de manière inconditionnelle ! Ce qui, là encore, ne veut pas dire que vous n’avez pas à procéder, quand vous le pouvez, à certaines améliorations, ici ou là.

samedi 16 juin 2012

Le déni et la mauvaise foi




Le déni est l’attitude par laquelle une personne endort sa conscience, se masque certains faits, bref, s’aveugle sur elle-même, sur autrui ou sur le monde. La mauvaise foi, en revanche, est une attitude consciente qui consiste à vouloir mystifier autrui sans pour autant être dupe soi-même.

Par exemple: votre conjoint vous rappelle une soirée avec ses amis et vous prétextez une fatigue soudaine, pour ne pas affronter une situation sociale qui vous angoisse : « est-ce que cela va bien se passer, est-ce que je vais m’ennuyer, comment vont-ils me juger ? ». Tant que vous êtes conscient que vous jouez la comédie à votre conjoint vous êtes dans la mauvaise foi.
Mais si en raison d’une manipulation mentale, vous vous illusionner vous-même, vous tombez dans le déni ou la "dissonance cognitive". C’est le cas de la personne qui prend sa voiture pour se rendre à un concert à 100 kms de chez elle, tombe dans les bouchons, passe un temps fou dans la file d’attente pour finalement voir un spectacle qu’il trouve sans intérêt. Or le lendemain quand vous la rencontrez, elle vous dit en toute bonne foi qu’elle a passé une bonne soirée. C’est qu’entre les deux moments, la personne aura réussi justifier par des raisons diverses la fatigue du transport, la perte de temps et la dépense d’argent afin de se consoler et éviter l’amertume. Mais le déni ou la mauvaise foi sont surtout des mécanismes de défense de l’image de soi : Pour la personnalité narcissique qui se veut toute puissante et qui cherche chez autrui la confirmation de sa puissance présumée, c'est le refus de considérer qu'elle peut être fautive ou défaillante. Mais c'est également vrai de toute personne dont  l’estime de soi est chancelante car dans son esprit reconnaître une erreur ou une faute est ressentie douloureusement comme une atteinte à l'image de soi et sa valeur personnelle. 
  
Dès lors que l’individu se trouvera pris dans l’engrenage de cette réaction défensive et cela donnera le déni, le report de la faute sur autrui ou au mieux tout un ensemble de justifications ou de minimisation de l’acte.
Il en est ainsi du déni de responsabilité qui est souvent un trait caractéristique des criminels : le violeur reporte la responsabilité sur sa victime qui l'avait évidemment "provoqué", idem pour la justification quand le meurtrier invoque son passé difficile pour expliquer son crime.


Et l'on comprend dès lors pourquoi 80% des victimes ne sont pas satisfaites des procès malgré les condamnations.  


Pour en finir avec le déni :
Tout le monde peut faire des erreurs ou preuve de faiblesse. Laissez tomber votre idéal tyrannique de perfection en ayant désormais le courage d’être imparfait. Il s’agit d’abandonner l’idée de ce que vous auriez dû être au profit d’une acceptation totale de ce vous êtes ici et maintenant et même de vos erreurs les plus dramatiques. En effet, si elles ne sont  pas reconnues et admises, comment pourrait-il y avoir le moindre changement possible en vous?

mercredi 13 juin 2012

La "Grâce" bouddhiste




Voir, sentir, goûter…percevoir c’est la substance de la vie. Mais ordinairement,  il nous parait souvent fade le monde de la perception. N’est-ce pas parce que nous passons plutôt notre vie à la penser, à l’imaginer, plutôt que la vivre ?


La vraie vie, c’est pourtant ce qui se passe et pas tant l’idée qu’on s’en fait. C’est ce que nous sommes et ce que nous faisons lorsque notre esprit ne gambade pas ailleurs. La vraie vie, ce serait vivre tel quel ce qui nous arrive : la douleur, l’injustice, les mauvaises nouvelles. Nous sommes d’accord pour accueillir les bonnes. Mais, en fait, ça, c’est le bonheur. Dans l’idéal  bouddhiste, il faudrait être capable d’accueillir les bonnes comme les mauvaise et de ressentir le monde tel quel, sans faire le tri. Et c'est le principe du "détachement".
Mais est-ce humainement possible de faire une telle chose ? Et serions-nous toujours humain si nous étions détachés? En tant qu’être humain, nous avons tous nos préférences et nous voulons bien jouir mais certainement pas souffrir. Or il n'y a pas de plaisir sans douleur. Et en cela les mystiques l'ont bien compris et sont cohérents puisqu'il faut renoncer au premier pour éviter la seconde. Mais renoncer au plaisir est-ce encore vivre ? N'est-ce pas plutôt une vie de cadavre qui nous est proposée là?      
D'un autre côté, et c'est là où je suis en accord avec les bouddhistes, nous sommes souvent dans le refus, dans l'exigence et cette vie nous la jugeons souvent insatisfaisante. De plus, nous avons souvent tendance à nous occulter la réalité en nous focalisant et en nous repassant inlassablement le film de ce qui nous est arrivé. « Ah ! C’était merveilleux ! » Ou bien : « C’était affreux ! » Ou encore, nous allons angoisser en pensant à ce qui pourrait nous arriver. Bref, le constat, c’est que nous ne sommes pas souvent  « là », pris que nous sommes dans la ronde incessante des pensées et dans le bourbier des émotions diverses dont il est difficile de sortir. Mais, à notre décharge, il arrive aussi que nous vivions parfois des périodes pénibles et qu'il est normal que nous nous rebellions et que nous désirions nous en échapper.
Mais, c'est vrai, même dans les moments agréables persiste souvent une certaine tension, une inquiétude. Alors où donc est-elle cette « Grâce » bouddhiste, ce « Nirvana » ? Qu’est-ce qui pourrait bien l’amener dans le paysage ?
Les enseignants bouddhistes nous disent qu'il faut "habiter le présent", vivre le présent, être dans le flot. Quelque chose se passe, je le perçois et je fais ce qui doit être fait.

D'accord, je comprends. Mais demain ou dans 5 minutes mon esprit me dira que c’est que trop difficile, que  je souffre, que je n’y comprends rien, et que je n’y peux rien ! Voilà, cela ne dure pas, c’est toujours à recommencer…  


mardi 12 juin 2012

Thérapie cognitive


Benjamin Schoendorff  nous dit ceci :

"La thérapie cognitive marche, mais pas pour les raisons qu'elle croit, à savoir, c'est la distance qu'elle permet de créer d'avec les pensées dépressogènes qui serait thérapeutique, plus que leur remise en cause ou la mise en évidence des distorsions cognitives. La pleine conscience est une des méthodes les plus efficaces de créer cette distance en apprenant à observer ses pensées comme des pensées et à rester dans le moment présent sans se laisser accrocher par les jugements et les impulsions de ce que les maitres bouddhiques appellent 'notre esprit de signe'."    



Le problème de certains psys imprégnés par le bouddhisme, c'est qu'ils sont exclusifs plutôt qu'inclusifs. Pourquoi ne pourrait-on  devenir moins anxieux ou déprimé grâce à la thérapie cognitive et notamment pour les raisons qu’elle croit? À savoir, grâce à la discussion socratique des pensées et le repérage des pensées dysfonctionnelles  (technique de la flèche descendante), ces techniques ayant été d’ailleurs largement validées.
La mise à distance de ses pensées dysfonctionnelles par "la pleine conscience", je veux bien, mais si " la pleine conscience ", c’est observer ses pensées sans les juger alors qu’est-ce qui empêchera ces mêmes pensées de revenir et de diriger notre vie si on les considère toujours comme valides ? C’est bien tout le problème, non ? Donc sans modification cognitive, il ne peut y avoir aucun progrès. Et c’est bien pour cela que " la pleine conscience ", à elle seule, ne peut être considérée sérieusement comme une thérapie.





  

lundi 11 juin 2012

La perception des pensées

Tableau de Fred J.



Lorsqu’on pratique la méditation, il est souvent écrit dans les ouvrages sur le Zen qu’il faut « Regarder les pensées comme s’il s’agissait de nuages qui passent dans le ciel ». Si une personne pense surtout en images, d’accord. Mais je ne pense pas que cette comparaison visuelle soit évocatrice si une personne pense surtout en mots (ce qui est mon cas) et dont la pensée s’apparente plus à un monologue intérieur.

 Alors, personnellement, pour les personnes plus auditives que visuelles je dirais : écouter les pensées comme on écoute la rumeur du vent dans les feuillages ; les écouter avec intérêt et curiosité. Mais sans y accorder toujours de l’importance. Cependant  il arrive aussi qu’elles en aient - n’en déplaise aux Maîtres Zen ! 

Sentiment d'urgence



Le stress et l’anxiété ont ceci en commun, qu’ils nous donnent un sentiment d’urgence et d’alerte : Il faut agir vite. Mais le problème, c’est que soit la stratégie pour résoudre le problème ne nous est pas connue dans le cas du stress, soit, pour ce qui concerne l’anxiété, nous ne connaissons pas le motif de notre peur et encore moins la façon de la gérer.
  
- Contrer cette réaction automatique et notre désir d’accélérer, le temps de deux ou trois inspirations amples. Décider au contraire de ralentir et de le "prendre" ce temps. Tout d’abord parce que ce n’est pas certainement pas en s’affolant que nous sommes au mieux pour trouver la solution à nos problèmes. Puis, essayer de circonscrire le problème afin de chercher une solution adaptée. Mais, assez souvent, il arrive que lorsque nous tentons de définir ce qui nous préoccupe, nous nous apercevions qu’il ne s’agit nullement d’un problème mais que c’est en réalité notre anxiété qui en a fait un.

- Et s’il s’avère que nous rencontrons réellement une difficulté à résoudre et qu’en plus nous n’avons pas le sentiment d’avoir les compétences ou la solution, là encore, inutile de s’affoler.  

Accepter cet état de fait. Et, à nouveau, prendre le temps nécessaire pour acquérir les compétences ou pour trouver une solution. Prendre le temps d'apprendre.