dimanche 21 avril 2013

Une présence accrue.




Voulez-vous faire une petite expérience, celle d’une présence accrue?
Pour que vous puissiez la réaliser, je vais m’inspirer de ce que propose Roger-Pol Droit.
Vous êtes assis calmement en train de lire ces lignes sur votre ordinateur. Mais sachez que cette expérience est reproductible n’importe où.
Vous êtes prêt ? Oui ?  Alors allons-y :
Imaginez que le passé n’ait jamais eu lieu  et que l’avenir n’existe pas.
Essayez de croire que le monde tel qu’il s’offre à votre perception vient de se constituer d’emblée, à l’instant.
La minute précédente, il n’existait pas et vous non plus. Vous venez de débarquer à l’instant même. Tout vient d’apparaitre en même temps et ce monde que vous percevez ne va durer que 10 minutes. Pas de déflagration gigantesque, non. Rien qu’une extinction brusque. La seconde après ces 10 minutes tout disparaitra comme si tout se débranchait. Le film s’arrêtera brutalement.
Installez-vous dans ce monde de 10 minutes.
Que constatez-vous ?
Le monde tel que vous le perceviez auparavant ne vous semble-t-il pas comme radicalement nouveau et différent ? Ne vous apparait-il pas avec plus de relief, plus présent, plus vivant ?

samedi 16 mars 2013

Vivre l'instant présent.



Je ne résiste pas à reproduire ici ce texte d’un ami "lointain"que j’apprécie beaucoup , Loïc Talmon.


"Malgré son apparente simplicité, l'invitation à vivre l'instant présent n'est pas chose aisée pour la plupart d'entre nous. Considérons l'une de nos journées : nous passons l'essentiel de notre temps à ressasser le passé, sur le mode du regret, ou à imaginer l'avenir, sur le mode de l'attente. Et le temps restant, nous nous empêtrons dans nos préjugés. Bref, nous consacrons la majeure partie de notre énergie à des illusions : en effet, le passé n'existe plus, tandis que l'avenir n'existe pas encore ; quant aux préjugés, ils constituent le plus sûr moyen de se masquer la complexité du réel. Vivre l'instant présent consiste en l'attitude résolument inverse, soit l'acceptation de tout ce qui se présente, en soi et autour de soi, le "bon" comme le "mauvais", sans rien planquer sous le tapis. C'est dire si le "carpe diem" cher à Horace a été sacrifié aujourd'hui sur l'autel du consumérisme : à suivre les publicitaires, vivre l'instant présent équivaudrait à expérimenter un orgasme permanent. Or dans la réalité, l'instant présent n'est pas forcément plaisant, loin de là. Mais vivre ici et maintenant, c'est coller au plus près de ce qui est, en laissant toutes les émotions négatives liées à notre représentation du passé ou de l'avenir au vestiaire. Certes, me direz-vous, mais si l'instant présent ne contient rien de satisfaisant, n'est-il pas préférable de trouver refuge dans nos souvenirs ou de puiser quelques espérance dans nos projets ? Dangereuse illusion, vous répondrai-je : la fuite ne résout rien et lorsque vous serez revenu de votre évasion en esprit, vos problèmes seront toujours là. Pour autant, il ne s'agit pas non plus de ruminer sans cesse nos problèmes : vivre dans l'instant présent, c'est d'abord être pragmatique. Ainsi, face à une difficulté, soit vous pouvez faire quelque chose et vous décidez de la faire, tout de suite ou à une date prévue par vos soins, soit vous ne pouvez rien y faire et vous avez tout intérêt à avaler la pilule amère sans délai. En procédant de la sorte, vous en viendrez à la conclusion quelque peu inattendue que la réalité de l'instant présent ne saurait être, en elle-même, problématique : il s'y déploie seulement des situations soit dont il faut s'occuper sur le moment, soit qu'il faut laisser telles quelles, en les acceptant comme faisant partie de l'être-là du moment jusqu'à ce qu'elles changent ou que vous puissiez vous en occuper pour de bon. Finalement, vivre l'instant présent, c'est aussi s'ouvrir à la beauté du monde, à tous ces détails auxquels nous ne prêtons pas attention dans la course effrénée de notre mode de vie : c'est le sourire d'un inconnu, le doux bruit de la pluie qui tombe, ou encore le ciel étoilé, un soir d'été.

Pour conjuguer votre vie au présent :

- L'attitude juste. Nous avons souvent tendance à bloquer notre respiration et à nous crisper pour échapper à l'instant présent. Apprenez comment ne pas vous relaxer* et ajuster votre posture en situation.

- Une chose après l'autre. L'accélération des échanges dans toutes les sphères de notre existence nous conduit à vouloir tout faire en même temps. Mais vous ne pouvez jamais faire qu'une seule chose à la fois. Concentrez-vous sur la tâche à accomplir, sans vous disperser.

- Le point à la ligne. Beaucoup d'entre nous conçoivent le temps comme une ligne allant du passé vers l'avenir, l'instant présent se réduisant à un passage sans intérêt. Et c'est ainsi que l'on passe à côté de la vie, qui n'existe jamais qu'ici et maintenant. Votre passé n'existe plus que par l'évocation de vos souvenirs, évocation que vous pouvez faire dans l'instant présent pour ne pas refaire les mêmes erreurs, mais qui ne doit pas vous distraire du réel. Quant à l'avenir, s'il est utile d'en préparer certaines échéances, il n'existe pas encore et ne doit donc pas non plus vous détourner de ce qui est là. En définitive, le présent est le seul moment que vous pouvez contrôler, il est le point focal de votre existence.

- Sentez le parfum des roses. Pris dans le tourbillon de la vie moderne, nous oublions de profiter des choses les plus simples, qui se donnent à nous sur le moment. Comme le disait Fritz Perls, le fondateur de la gestalt-thérapie, il est bénéfique de "perdre la tête" (les préoccupations de notre mental) pour "gagner les sens" (la réalité qui nous entoure)."


* Dans un autre texte, Loïc Talmon expliquait que s’il ne fallait pas être crispé, il ne fallait pas non plus croire que la relaxation était une panacée. C’est la juste attitude ou la juste tension qui prime. Je rajouterais, pour ma part, que le relâchement est par contre excellent pour accueillir le réel, la vie.

mardi 1 janvier 2013

Eveil



                                          Lorsque le monde est changé…. 



Le monde, il change sans cesse.

Non, à vrai dire, c’est lorsque c’est « moi » qui change ou qui suis changé . Vous savez, c'est lorsque tout vous parait net limpide, quand la présence de chaque chose prend du corps, du relief, y compris vous-même. Quand votre sensibilité se libère, s’élève. En ces instants-là, personnellement, j’ai le sentiment d’être vraiment réveillé, vivant, et pénétré par le monde. J’avais raison de penser que cela ne me serait pas facile car c’est par un regard, à la fois plus pénétrant et plus vaste que « je » sors de moi-même et de mes limitations. Il ne s’agit pas d’un regard vers l’"intérieur" à la façon d'une introspection qui m'y conduit mais bien d’un regard vers l’extérieur. Et en cette occasion peut alors se manifester cet intérêt, cet élan joyeux que certains appelleront "amour", "communion" ou "grâce".

lundi 3 décembre 2012

Relaxation réflexe ou automatique

Pour décider de se relaxer rapidement en cas de stress ou lors d’une réaction émotionnelle  vive (colère, peur, etc…), il faut d’abord apprendre une procédure de relaxation et la répéter régulièrement afin qu’elle devienne mobilisable à tout moment, rapidement, exactement comme un réflexe ou un automatisme.

Cependant, il faut savoir que l’efficacité de la relaxation automatique dépend énormément de notre capacité à prendre conscience rapidement de notre état de tension ou de stress. En effet, plus l’émotion ou l’état de stress est installé moins il est facile de le faire disparaître rapidement. Parallèlement, il est donc important de devenir progressivement plus conscient de nos états de tension et être réactif.

En ce qui concerne la procédure de relaxation automatique elle-même, en réalité, il en existe plusieurs mais les plus simples sont souvent les plus efficaces.
Ça consiste, par exemple, à inspirer à fond en gonflant le ventre puis à bloquer la respiration 30 secondes et à focaliser son attention sur la sensation de blocage et à bien la ressentir. Puis vous expirez naturellement. 
Une autre méthode consiste à bloquer l'inspiration le ventre gonflé pendant 10 secondes ( vous comptez dans votre tête) puis vous expirez naturellement et faites 3 ou 4 respirations sans contrôle particulier. Vous pouvez reprendre la technique plusieurs fois de suite jusqu’à l’extinction de l’anxiété ou du moins une baisse importante de celle-ci. Évidemment, cela implique d’avoir une petite pratique de ces techniques mais une fois celles-ci acquises, la procédure rapide de relaxation est dans son principe la même chose qu’une relaxation classique mais en accéléré. Certes elle ne saurait donc atteindre le même niveau de détente qu'une relaxation de 40 minutes mais ce n’est pas très important en la circonstance.
 Quoiqu’il en soit, s'il fallait en augmenter les effets certains praticiens recommandent d’étendre la sensation de la respiration à l'ensemble du corps. Il peut être également utile de sourire ou encore de se dire intérieurement une phrase apaisante comme : « du calme… rien de grave, ça va. » Une pensée plus élaborée ne s’avérera pas forcément utile. De toute façon, il n’est pas facile d’en trouver une qui s’adapte à la situation dès lors que nous sommes emportés par une émotion. En outre, il se peut qu’il ne soit pas facile non plus de comprendre les raisons de notre tension car elle peut être conditionnée par un événement oublié ou par un jugement infra-conscient que nous portons sur la situation.

C'est pourquoi, parfois, il faudra peut-être repenser à notre réaction dans l’après-coup si nous constatons que l’émotion à tendance à nous submerger et à se reproduire régulièrement. Là, cela peut aider de mettre du sens ou d’interpréter nos réactions émotionnelles ou notre stress en se disant, par exemple : « sa prétention m’irrite au plus haut point car elle n’est pas du tout justifiée ! », « j’ai peur car je pense ne pas pouvoir faire face la situation ! », « je crois qu’ils vont me juger négativement ! »  (Liste non exhaustive). Une fois l’interprétation de nos réactions émotionnelles effectuées, le but est de dédramatiser et de relativiser la situation qui nous bouleverse afin d’en avoir une perspective moins pénible ou problématique. Car si notre façon de voir les choses à une incidence décisive sur nos réactions émotionnelles intempestives, la simple réinterprétation de la situation dans un sens moins dramatique peut très bien les faire disparaître.

dimanche 9 septembre 2012

La confiance en soi

Pour moi, c'est Nathaniel Branden qui explique le mieux ce qu’est la confiance en soi. C’est une disposition de l’esprit à se vivre comme capable à faire face aux défis de l’existence afin d’accéder à la satisfaction et au bonheur. Par conséquent, cela ne doit pas, en principe, consister en des peurs, des hésitations et des reculades.
Mais de mon point de vue, je persiste à croire qu’il y a une vieille peur particulière qui revient régulièrement, une angoisse qui nous empêche d’agir. Et, là, pour le coup, la méditation peut être utile dans la mesure où elle nous fait accéder à la conscience de cette peur. C’est aussi ce que dit Branden : si l’on est pas conscient de ce que l’on est, de ce qu’on pense, ce que l’on ressent et de ce qu’on fait, comment pourrions-nous faire face efficacement aux défis de la vie ? Donc, tant que l’on ne prend pas conscience de cette vieille peur récurrente, tant qu’on ne voit pas ce qu’elle est, ce qu’elle représente comme drame futur, c’est elle qui continuera à nous mener par le bout du nez et diriger notre existence. Evidemment, fort peu de gens font réellement l’effort de voir cette peur qui les paralyse, et comprendre ce qu'elle signifie . Et fatalement, ils n’avancent pas, ils restent indéfiniment coincés dans leur blocage ou leur « névrose ».


Pour aller plus loin, lire et intégrer les "6 piliers de la confiance en soi" et de l’estime de soi de Nataniel Branden :

1) La vie consciente
Respecter les faits, être présent à ce que l’on est en train d’accomplir, curieux et ouvert à ce qui nous entoure, nous intéresse, nous touche ou nous enrichit.

2) L’acceptation de soi
Se donner la permission et avoir le courage de s’approprier nos pensées, nos émotions et nos actions, sans s’en échapper, ni les nier ou les dénigrer.

3) La responsabilité de soi
Réaliser que nous sommes les créateurs de nos choix et actions, que nous sommes responsables de l’aboutissement de nos projets. Se poser la question : " Que faut-il faire ? ", et non : " Qui faut-il blâmer ? ". Personne ne va venir nous sauver de notre vie.

4) L’affirmation de soi
Etre authentique dans nos rencontres, refuser de fausser la réalité de qui nous sommes pour éviter la désapprobation.

5) L’identification de nos objectifs
Discerner, à court et long terme, quelles sont les actions nécessaires ou les comportements adéquats pour atteindre nos buts. Vérifier chaque étape pour être sûr de rester dans le bon axe. Observer les résultats pour reconnaître ce qui a besoin de changer, puis s’ajuster.

6) L’intégrité personnelle
Vivre en harmonie entre ce que nous savons, ce que nous professons et ce que nous vivons. Dire la vérité, tenir nos engagements et montrer l’exemple pour les valeurs que nous admirons.

mercredi 4 juillet 2012

L’altruisme pathologique.



Où quand le souci l’autre devient excessif.

L’altruisme devient une véritable perversion et une manipulation lorsque l’individu dit qu’'il n’a aucun intérêt dans ses bonnes actions comme s’il s’agissait d’un altruisme pur. 
Foutaise ! A minima, si nous portons de l’aide à autrui, c’est pour le plaisir que nous avons de l’aider et celui que nous retirons à le voir aller mieux ou à être satisfait. Mais dans l’altruisme pathologique, l’individu se masque aussi ce qu’il recherche dans sa relation d’aide : s’il veut aider autrui, ce n’est non pas tant pour son bien, que pour être aimé ou reconnu de lui, ou passer aux yeux du monde pour une personne honorable.  Autrui devient alors l’instrument de sa propre reconnaissance et de sa valeur, devient un faire-valoir dans l’altruisme pathologique. D’où l’empressement que l’on rencontre parfois chez certaines personnes à s’immiscer dans les affaires des autres et à vouloir les aider alors que ces derniers n’en font pas la demande. Et comme cette aide est non sollicitée et qu’en plus elle est rarement efficace, la reconnaissance tant désirée ne sera guère au rendez-vous l’altruiste devant supporter bien des frustrations et des déceptions.
L’altruisme pathologique peut également se manifester quand l’individu par souci excessif de l'autre, en vient au déni de soi, bafoue ses propres valeurs afin de plaire ou faire plaisir à autrui. L’autre devenant alors plus important, comptant plus que soi-même.   
Mais d’où cela peut-il venir me direz-vous ?
Souvent de l’attitude des parents. Quand ils ne manifestent à leur progéniture leur amour que sous certaines conditions. Par exemple : il faut faire plaisir à papa ou maman, être un « bon garçon » ou une « bonne fille » pour être aimé. L’enfant n’est donc pas aimé pour ce qu’il est mais pour ce qu’il fait. Et, devenu adulte, reproduira ce comportement appris dans l’enfance. Cette absence d’amour authentique de la part des parents conduira à un amour de soi défaillant et fera dépendre l’individu de l’amour ou de l’approbation des autres. Une seule alternative : l’amour inconditionnel ! Mais contrairement à ce que disent certains psychologues, ce n’est pas réduire nos attentes à l'extrême ou accepter tous les comportements de l’autre. L’amour inconditionnel, c’est continuer à aimer l’autre malgré qu’il puisse nous décevoir et nous déplaire. Ce qui n’implique nullement que l’on ne manifeste pas son mécontentement, sa désapprobation ou encore que l’on applique, à l’occasion, des sanctions à son encontre.  L’amour inconditionnel, n’est donc pas un laxisme déguisé. Ainsi, l’enfant n’est ni le jouet des parents ou un être soumis à leurs désirs pour être aimé ni, à l’inverse, un enfant roi qu’on idolâtre et auquel on permet tout et dont on satisfait le moindre caprice. Certes, dans ce dernier cas, contrairement à l’enfant objet, celui-ci n’aura aucun problème d’affirmation de soi ou d’amour de soi mais, en revanche,  il se gonflera d’orgueil  et deviendra le petit tyran de la famille. A l’âge adulte, vous le repérerez facilement : il est de ces personnes qui croient qu’il n’y a que la satisfaction de leurs désirs qui importent ainsi que leur auguste personne. Par conséquent, en matière d’éducation, comme le dit l’adage : « qui aime bien, châtie bien ! » 


- Parfois de certains préceptes religieux mal compris que l’enfant intègre comme des mots d’ordres et qui le conduisent  à la négation de soi.  « Aimez autrui comme vous- même ! », « aimez vos  ennemis ! ».  D’accord, mais si on aime autrui et pour les rares personnes qui arrive à aimer leurs ennemis, ce ne pas jusqu'à oublier ses préférences, faire le deuil de soi-même ou encore aller jusqu’au mépris de soi pour satisfaire à l’impératif religieux.  Aimer autrui ce n’est pas se nier ou se haïr car autrui c’est tout le monde et donc, au final, c'est aussi soi-même. Et comme on dit : charité bien ordonné…

Comment sortir de l’altruisme pathologique ?
 En cessant de faire dépendre sa valeur de la satisfaction, de l’approbation ou de l’admiration d’autrui.
Ne pas oublier : il n’y pas d’être humain qui vaille plus qu’un autre et c’est le grand principe de notre Constitution : « liberté, égalité, fraternité ». Alors que vous soyez petit, grand, beau ou moche, ceci ou cela, aimez- vous de manière inconditionnelle ! Ce qui, là encore, ne veut pas dire que vous n’avez pas à procéder, quand vous le pouvez, à certaines améliorations, ici ou là.